• miss minimum

Vivre au chalet à l'année.


Chaque année, à l’orée des vacances, on ne pense qu’à une chose : décrocher… Pour certain ce sera le road trip en Gaspésie, pour d’autres, le tout-inclus à Cuba. Il y a aussi cette catégorie de gens qui courent se réfugier au chalet. Pourquoi le chalet est-il à ce point synonyme de détente? Parce qu’on y oublie nos problèmes quotidiens, qu’on porte du linge mou à longueur de jour, qu’on va prendre des marches dans la nature ou parce qu’il n’y a pas de télé et que pour divertir les enfants, il faut sortir les jeux de société.


Mais est-ce que ce serait possible de vivre comme au chalet, mais à l’année? Il s’agit peut-être d’identifier ce qui nous stresse au quotidien et la solution qu’apporte la vie en mode chalet.


La montagne de lavage et de ménage à faire


Au chalet, pas de lavage à faire, on se contente de porter le même pantalon de jogging pendant une semaine. On prend soin d’apporter avec nous, nos kits les plus mous et confortables. Aussi, comme le chalet est petit, le ménage se fait en 10 minutes.


Sans aller jusqu’à vivre en pyjama au quotidien, il y a peut-être un bon ménage à faire dans les garde-robes. Plus on a de linge, plus on peut se permettre de le laisser s’accumuler dans le panier à linges sales, ce qui occasionne une montagne de vêtements à laver, plier et faire concorder. Il faudrait peut-être commencer à se questionner sur le nombre total de jeans et de chaussures dont ont a vraiment besoin. Un indice la réponse n’est pas 62.


Un peu plus costaud comme défi, déménager dans plus petit. Est-ce qu’on a besoin d’une chambre d’ami occupée 2 fois par année? D’une pièce à débarras remplis uniquement de… choses à se débarrasser (même chose pour le garage démesuré). Un bon truc pour une prise de conscience efficace est de calculer les pieds carrés qui sont sous-utilisés. Prenez la grandeur totale de votre maison diviser par les couts d’opération (hypothèque, taxes, électricité). Vous obtiendrez un cout aux pieds carrés. Utilisez ce chiffre et multipliez-le par le nombre de pieds carrés que vous n’utilisez pas ou que vous sous-utilisez. Ça vous donne le montant que vous pourriez mettre ailleurs si vous ne le dépensiez pas chaque mois dans de l’espace de stockage pour des choses inutiles. J’ai fait moi-même le calcul et chaque mois, dans mon ancienne maison, c’est 643 pieds carrés que je n’utilisais pas. À 7$ le pied carré, j’en arrivais à 381$ chaque mois, dépensé pour absolument rien… J’ai donc décidé de déménager dans une maison où chaque espace est utilisé quotidiennement.


Les repas


Au chalet, on prend le temps de manger. Comme les activités et distractions sont réduites, les repas deviennent un lieu d’échange, un moment agréable pour passer le temps. Faire des repas un moment de détente au lieu d’une compétition nutritive où l’on doit agencer des assiettes instagramables à la composition parfaitement équilibrée est une idée plutôt relaxante.


Faire avec ce qu’on a est la devise de la vie de chalet. Souvent reculée dans les bois, l’épicerie n’est souvent pas à la porte. C’est une occasion d’improviser avec ce qu’on a, à disposition. Du même coup, on contre le gaspillage alimentaire en mangeant ce qu’on a au lieu de se jeter à l’épicerie au moindre ingrédient manquant de notre recette. Pis c'est ben correct de manger des céréales pour souper.


Moins de choix c’est mieux


Trop de choix c’est angoissant parce qu’on a peur de faire le mauvais. Combien ça prend de temps choisir son repas dans un menu aussi gros que le Larousse. En comparaison, quand il y a 4 plats à l’ardoise, on choisit en 3 minutes! Quand nous avons trop le choix, on ne se concentre pas sur celui qu’on fait, on pense plutôt à tous ceux qu’on n’a pas fait. Au chalet, il y a 10 DVD dont L’histoire sans fin, SpaceBalls et Christmas Vacation. Pas besoin de passer 2 h à chercher sur Netflix en finissant par s’endormir sur le sofa sans avoir rien regardé. Au chalet, il y a aussi le Scrabble, un Monopoly pis un jeu de pichenottes. Des classiques, et qui dit classique, dit plaisir testé et garanti sans prise de tête.


L’abondance d’informations et d’occasion de se comparer.


Habituellement, au chalet, on décide de décrocher de l’internet ou le réseau est si moche qu’on a pas trop le choix. Parfait, parce que l’information 24hrs sur 24 et l’abondance de photos de vos amies et amis ben plus heureux que vous autres ne peuvent que saper le moral à long terme. Qui dit que quelques secondes après la jolie photo de famille parfaite, une chicane digne de la troisième guerre mondiale n’a pas éclaté…hors caméra évidemment.


Le contact avec la nature


Au chalet, on est souvent dehors. L’extérieur est aussi important, sinon plus, que l’intérieur du chalet. La nature prend toujours son temps, les fleurs, les fruits et les légumes ne poussent pas en une nuit et personne ne leur demande d’ailleurs. Nous avons tout un défi collectif, ralentir et refuser le trop, pourrait sembler facile, mais c’est tout le contraire.


Il y a peut-être quelques-unes de ces habitudes que nous pourrions importer dans notre vie quotidienne. La compétition et le paraitre est au cœur de notre société, pour moi la première.


À l’aube des fameuses résolutions, ce serait bien de choisir de ralentir… comme au chalet.

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