• miss minimum

Comment les algorithmes nous poussent à acheter?

Nous le savons, la publicité est partout autour de nous. Un Nord-Américain serait en contact avec 3000 annonces par jour. Avant l’invention des algorithmes permettant de nous cibler de plus en plus précisément, nous nous contentions de nous imprégner de toutes ces marques, certaines répondaient à nos gouts, d’autres non.


Maintenant, la publicité nous connait mieux que notre propre mère. Les compagnies ont compris que ça ne servait à rien de cibler monsieur/madame tout le monde quand, leur public cible sont des femmes entre 22 et 23 ans, qui possèdent un chien, mais surtout pas de chat, qui aimes les pâtes Alfredo, mais qui surveillent leur ligne et qui portent chaque matin du rouge à lèvres de couleur carmin clair. Pourquoi payer pour s’adresser à un homme de 42 ans qui déteste les animaux et qui aime consulter la circulaire de Canadian Tire le dimanche matin? Ce serait payé dans le vide! Mon exemple semble exagéré, mais en fait, il ne l’est pas.


Avez-vous déjà vu apparaitre sur votre fil Facebook une publicité sur la vermiculite quand vous n’avez jamais fait de recherche à ce sujet? Vous en aviez seulement discuté autour d’un café avec votre belle-sœur. En fait, ce n’est pas autour d’un café que vous en avez parlé, c’est autour de votre téléphone. Même fermé, si vous n’avez pas désactivé la fonction « dit Siri» il enregistre certains des mots clés que vous dites. Ceux-ci peuvent ensuite être envoyés à des applications tierces comme Facebook.


Bon, est-ce si grave? Tant mieux si je ne suis plus obligée de me taper des publicités sur le Viagra quand je suis une femme de 18 ans ou un jeune garçon de 20 ans. Oui, mais! Jusqu’à maintenant, seule une infime partie des publicités nous touchaient vraiment, mais imaginons que les 3000 annonces que nous voyions chaque jour titillent directement nos points faibles. Nous nous retrouvons à devoir combattre nos envies et pulsions d’achat à chaque instant.


Dans le bon vieux temps, il fallait toujours bien mettre ses bottes, démarrer le char et aller au magasin pour dépenser. Maintenant, il vous suffit d’appuyer sur un bouton, vos donnés bancaires étant souvent déjà enregistrées, même plus besoin de retenir le code de votre carte de crédit. Il devient quand même vraiment difficile de ne pas dépenser.


Récemment, j’ai flanché sur un abonnement à une boite dont je tairai le nom. Vous savez le genre de boite pleine de choses dont nous ignorions avoir besoin, mais qu’on vous envoie quatre fois par année. En plus ça fait du bien à la planète parce que les choses (dont nous n’avons pas besoin) sont éthiques ou bien redonnent à la planète… ouin…


Seigneur, est-ce qu’il y a des solutions? Est-ce qu’un jour, nous n’aurons qu’à penser à quelque chose pour que notre compte soit débité et que quelques instants plus tard, un livreur « robot » nous apporte LE manteau de fourrure rose couleur Pantone dont nous n’avions vraiment pas besoin?


Bon, on respire, on se calme et on commence par désinstaller « dit Siri » quand notre téléphone est éteint. Ensuite, comme il est difficile de se battre contre la machine à moins de s’enfermer dans un bunker, il faut apprendre à vivre avec. Il faut s’informer, en être conscient, faire la part des choses, ne pas enregistrer ses données bancaires dans les applications et se rappeler que l’endorphine sécrétée par un achat ne dure que quelques secondes, mais que le manteau en fourrure rose prendra de la place dans votre armoire pour un très long moment.


Et vous, à quoi n'êtes vous pas capable de résister en matière d'achat?


©2019 par Les Minimums. Créé avec Wix.com